°°Malice°°

26 décembre 2009

Un cadeau de Noël reçu un mois à l'avance

"Que dire de «La Cabane» ?

Juste que cette nouvelle n'est pas seulement une histoire.

C'est plus que ça.

C'est une «voix».

Peut-être celle d'une fille. Peut-être celle de sa mère. Peut-être celle de leur folie.

 

Et comment expliquer que ce texte en apparence si simple, puisse nous émouvoir si profondément?

 

Peut-être par la force de ses mots. Par leur justesse, leur vérité.

On est entraîné, on chavire.

On sombre peu à peu dans l'abîme de ces deux femmes.

C'est sans doute aussi parce que ce texte est un miroir, qu'il nous touche autant.

On peut voir en lui le reflet de notre folie. Cette folie qui sommeille dans nos esprits, et qui de temps à autre, chez certains d'entre nous, se réveille.

Mais ce qui fait la singularité de ce texte, son véritable attrait, c'est qu'on ne le lit pas.

On l'entend.

Comme la voix de Maman, qui avant de se coucher nous murmurait des histoires.

Et quand on arrive au bout de cette nouvelle, on a envie de faire comme avec Maman, d'en réclamer une autre..."

[Guillaume]

 

"Je crois bien qu'avant la lecture de ce texte, je ne m'étais jamais sentie envahie d'une atmosphère aussi saisissante et troublante. Je me suis plongée dans une ambiance pesante, qui s'illustre par une mort inattendue. Bien qu'étant sceptique sur la possibilité qu'une telle aventure se produise, je me suis laissée submerger par la démence de l'écriture, à la hauteur de celle des protagonistes. Cette frénésie qui nourrit chaque être humain met en relief le côté instinctif des actes de la jeune fille: c'est sans doute cela qui m'a captivée."

[Lucille]

 

Quoi qu'on en dise, les lycéens français peuvent être vraiment cools :)

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11 décembre 2009

J'ai 20 ans

 

J’ai 20 ans.

Je respire l’odeur de mon shampooing.

Je marche vite.

Mon regard est prétentieux, mon oreille naïve.

J’ai 20 ans.

Je rêve que Chuck trompe Blair.

J’échange mes secrets contre des regards condescendants.

J’aime le thé noir.

J’ai 20 ans.

Mes doigts de pieds sont vernis.

J’ai des frères sur toute la planète.

Je mange bio entre deux Mcdo.

J’ai 20 ans.

Je déchire mes papiers roses.

Je mange des sucettes au citron.

Je pleure sur la photo d’un petit africain.

Je suis cynique et rêveuse.

J’ai 20 ans.

Je danse en levant les bras.

Je t’enlace quand je te déteste.

 

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07 décembre 2009

Accord et transcription

se convenir

se déplaire

se mentir

se nuire

se pardonner

se parler

se plaire

se répondre

se ressembler

se sourire

se succéder

se suffire

se téléphoner

s'en vouloir

se complaire


se rire

 

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28 septembre 2009

Et si c'était vrai...

A moitié endormie, Sidonie se dit que sa tête ne se soulèvera plus jamais. 
Combien? Combien déjà?  
Elle essuie péniblement le coin de sa bouche. Son cerveau est trop lourd pour sa tête. Elle tente de se souvenir, mais tout s'empâte dans une masse informe. Le réveil fait entendre la Marche Turque. Sidonie rassemble doucement ses jambes contre sa poitrine, enfouit sa tête entre ses genoux. Puis elle s'étire sous les couvertures, fait dépasser ses pieds du lit. La Marche Turque l'agace à présent suffisament pour qu'elle se lève.
Une pantoufle pour chaque pied. 
Elle ouvre la porte de sa chambre. Son gros chien, débile et envahissant, comme elle le dit, vient lui lécher les chevilles. Tous les matins, elle se maudit de ne pas avoir adopté un chat. C'est juste qu'elle trouvait qu'être vieille fille c'était déjà une chose, alors un chat en plus... Sidonie sait que sa vie est un cliché. Elle ne veut pas en rajouter. C'est tout.
Elle est debout au milieu du salon. Le chien lui lèche toujours les chevilles. 
Combien? Combien déjà?
Sidonie est nue au milieu du salon, ses pantoufles au pied. Et elle ricane à l'idée que les voisins puissent la voir.
Elle fait traîner ses pieds jusqu'à la cuisine. Elle ouvre le réfrigérateur. Elle sort une brique de lait. Elle va chercher un bol et des céréales allégées. Elle s'assied. Tout en soutenant sa tête d'une main, elle verse les céréales, puis le lait dans le bol. Ça aussi ça la fait rire. Elle sait qu'elles ne servent à rien ces céréales. Elle continue à les acheter. Ça la fait rire.
Elle pourrait, en tournant légèrement la tête, contempler Toulouse et ses murs roses. Mais cette vue, et cette ville l'énervent presque autant que son chien. Toujours le même paysage, depuis toujours.
Combien? Combien déjà? 
Elle laisse le bol sur la table. La mémoire ne lui revient pas.
Sidonie promène son inquiétante nudité dans l'appartement. Elle doit prendre une douche. Rafraîchir son esprit. Désengluer ses souvenirs. 
Elle ôte ses pantoufles, puis entre dans la baignoire. Elle frotte son corps avec dégoût et amusement.
Combien? Combien déjà?
En sortant de la douche, elle se souvient. Hier c'était son anniversaire. C'était son anniversaire et c'était pareil qu'aujourd'hui. Pantoufles, chien et céréales. Et ce mal de tête qui ne la tue toujours pas.
Combien? Combien déjà? Ah oui. Huitante cinq.

Posté par malice_shine à 23:53 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]